Métropoles et mutations, comment faire évoluer les pratiques ?

- par Michèle BARBE, architecte, conseillère nationale de l'Ordre. habiter la métropole

Dans la démarche des Universités d’été, l’important se situe dans les échanges et les débats, dans la diversités des questions et solutions évoquées. Mais comment échapper aux idées préconçues ? La fabrication des territoires présente des enjeux au-delà de l’image architecturale.
De quelle nouvelle manière peut-on articuler le savoir, les compétences, l’autorité et donc la place des uns et des autres dans la mécanique de l’élaboration du projet urbain ?

Quelle marge d’intervention, comment participer à la dynamisation des situations locales ?
Les contextes dans lesquels s’opèrent la pratique de projet se modifient. Les conditions de l’action collective connaissent de grands changements, pendant que les technologies sont en pleine mutation.
Comment trouver des solutions tenant compte des différents acteurs et de la complexité du monde ?

C’est l’occasion de nouer des liens avec les politiques de recherche pour la théorie et la pratique.

Au cours de mes lectures pour trouver des réponses à ces questions un ouvrage a particulièrement retenue mon attention. Il s’agit de « Pratiques de projet en architecture » de Robert Prost.
Il apporte des réponses pour réussir l’articulation entre la demande sociale et l’espace urbain.

Un passage a une résonance particulière car il donne des solutions pour créer de
nouvelles dynamiques théorie – pratique :
« Dans ces questions de savoirs et de compétences, nous sommes confrontés le plus
souvent à plusieurs mondes disjoints : le monde des chercheurs et des critiques, le
monde des concepteurs et plus globalement celui des acteurs. Les premiers passent
leur vie à observer et à interpréter ce que font les concepteurs et les acteurs et, par
définition, sont obligés à des points de vue rétrospectifs questionnant parfois le
présent, mais surtout le passé, en avançant des hypothèses très diversifiées. Ces
connaissances sont souvent difficiles à transférer dans les pratiques de projet en
fonction de leurs fondements et de leurs formulations, et ne communiquent pas
toujours avec les concepteurs, et encore moins avec l’ensemble des acteurs.
Les seconds passent leur vie à agir sans trop toujours maîtriser la complexité de ce
qu’ils font et sans prendre le temps d’une attitude réflexive, bien que leurs décisions
et leurs actions contiennent les forces qui engendrent les transformations urbaines (la
fabrique territoriale, urbaine et environnementale). Or la complexité de choisir des
axes de transformation et de définir des stratégies pertinentes et efficientes pour les
réaliser réclame des savoirs multiples qui peuvent difficilement n’être limités qu’à la
simple expérience. »

Michèle BARBE, architecte, Coti Chiavari, Corse, conseillère nationale de l’Ordre

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